Retour sur : la Rencontre départementale 41 au Festival Vite, au théâtre ! #2025

Retour sur… la Rencontre départementale 41 au Festival Vite, au théâtre ! #2025

Jeudi 13 avril 2025, le Réseau Jeune Public au Centre (RJP) organisait sa Rencontre départementale du Loir-et-Cher, en partenariat avec le Festival Vite, au théâtre !, à Blois. L’événement s’est tenu dans les espaces de la Bibliothèque Abbé Grégoire avec les compagnies blésoises organisatrices du festival.

L’après-midi avait pour thématique centrale : “Comment traiter des sujets difficiles dans le théâtre Jeune public ?” Les discussions se sont appuyées sur la lecture de six extraits de pièces contemporaines, sélectionnées avec soin par l’équipe du festival, abordant chacune à leur manière des enjeux complexes (exil, conflits, résilience…).

La rencontre faisait écho au spectacle programmé le matin même au Théâtre Nicolas Peskine : “Otto, autobiographie d’un ours en peluche”, une adaptation de l’album de Tomi Ungerer, mise en scène par Daniel Pinault, avec Fred Ferrand et Guillaume Schenck (Compagnie Titine errante). Une œuvre délicate, qui explore les thèmes de la guerre, de la mémoire et de la transmission avec justesse et émotion.

Découvrir la synthèse et les ressources de l'après-midi

Extraits lus par les élèves du Conservatoire

Découvrir “Moustique” de Fabien Arca (décès d’une grand-mère)

Découvrir “Pebbleboy” d’Eric Pessan (violences familiales et scolaires)

Découvrir “Abeille” de Matt Hartley (décès d’une mère, entrée dans la sexualité…)

Découvrir “Cendrillon” de Joël Pommerat (violences psychologiques)

Découvrir “Le bruit des os qui craquent” de Suzanne Lebeau (enfants soldats)

Découvrir “L’enfant aux cheveux bleux” de Laura Desprein (enlèvement)

 

Spectacle “Otto, autobiographie d’un ours en peluche” présenté le matin de la rencontre

Compagnie Titine errante (45)

Découvrir “Otto”


Temps d’échanges “Comment traiter des sujets difficiles dans le théâtre Jeune public ?”

Avec : Laura Desprein (autrice jeunesse), Ulysse Barbry (metteur en scène, Compagnie Hic Sunt Leones, 41), Charles Jouteux (Délégué culturel, Ligue de l’enseignement du Loir-et-Cher, 41), Solène Maillet (Attachée de production et de diffusion, Théâtre des 3 clous et Compagnie Möbius Band, Tours, 37) & des élèves du Conservatoire à rayonnement départemental de Blois

Modération : Agnès Verlinde, professeure de théâtre au Lycée Dessaignes & présidente de l’association Vite, au théâtre !

  • Création : pourquoi et pour qui ?

– Les artistes choisissent un sujet parce qu’il résonne en eux-elles ou répond à une urgence intérieure ou sociétale.

– Les auteur-rices déterminent généralement la tranche d’âge cible dès l’écriture, et peuvent la réajuster en lien avec les retours des programmateur-rices.

– Pour aborder des thèmes sensibles, il-elles ont recours à des procédés comme l’ellipse ou la métaphore, qui peuvent permettent de transmettre sans brutalité.

– La manière de traiter un sujet évolue selon qu’on s’adresse à l’enfance ou à l’adolescence, avec des différences de langage, de symbolique et d’intensité.

  • Production / diffusion : quelles difficultés ?

– Il peut être plus compliqué d’obtenir des financements pour des œuvres abordant des sujets difficiles.

– Des réticences existent chez certains programmateur-rices, souvent liées à la peur de choquer ou à l’absence d’un dispositif d’accompagnement solide.

– Le manque de comités de lecture spécialisés jeunesse freine parfois la légitimation et la diffusion de ces œuvres dans les circuits professionnels.

  • Programmation : quels critères ?

– Les programmateur-rices attachent autant d’importance à la façon d’aborder un sujet qu’au sujet lui-même, recherchant des formes sensibles et accessibles.

– La médiation, qu’elle soit en amont ou en aval du spectacle, est souvent essentielle pour préparer les jeunes spectateur-rices et accompagner la réception du sujet.

– Contrairement au cinéma, le spectacle vivant impose une présence immédiate : il ne se met pas en pause, et demande donc un encadrement plus attentif.

  • Interprétation : comment vit-on cela au plateau ?

– Pour les comédien-nes et metteur-euses en scène, incarner un sujet fort face à un jeune public implique une responsabilité émotionnelle et une grande justesse.

– Le lien direct avec les spectateur-rices, souvent très réactifs, rend la transmission plus vive et parfois plus touchante sur scène.

  • Entre éthique et espoir ?

– Il est essentiel de traiter des sujets graves sans verser dans la noirceur totale, en laissant une place à la lumière et à l’ouverture.

– Trouver le bon ton est un enjeu central : il s’agit d’être sincère sans choquer, et profond sans être maladroit.

– Plus les jeunes sont confronté-es tôt à des œuvres exigeantes, plus ils développent des outils pour comprendre le monde et y trouver leur place.

Quelques “grandes petites” phrases de l’après-midi

"Les sujets brulants se situent là où se trouvent nos appréhensions d’adultes."

Ulysse Barbry, Compagnie Hic Sunt Leones (41)

“Les sujets que l’on aimerait voir évoquer à l’Ecole et qui le sont rarement sont la sexualité et l’amour.”

Parole d’un adolescent

“Il n’y a pas de thèmes pour enfants/ados, et de thèmes pour adultes.”

Laura Desprein, autrice jeunesse

“Un choc esthétique, ça ne se prévoit pas ! Ca ne se quantifie pas ! Ca se tente ! Ce n’est pas tellement le sujet qui est difficile, c’est le contexte dans lequel on va le recevoir.”

Ulysse Barbry, metteur en scène, Compagnie Hic Sunt Leones (41)